Tu seras un homme, mon fils – Rudyard Kipling

Dans cet épisode, je vais simplement partager un trésor. Il s’agit d’un poème écrit en 1895 par Rudyard Kipling intitulé : tu seras un homme, mon fils. C’est parti !

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Tu seras un homme, mon fils – Rudyard Kipling

Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie

Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,

Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties

Sans un geste et sans un soupir ;

 

Si tu peux être amant sans être fou d’amour,

Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre,

Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,

Pourtant lutter et te défendre ;

 

Si tu peux supporter d’entendre tes paroles

Travesties par des gueux pour exciter des sots,

Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles

Sans mentir toi-même d’un mot ;

 

Si tu peux rester digne en étant populaire,

Si tu peux rester peuple en conseillant les rois,

Et si tu peux aimer tous tes amis en frère,

Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ;

 

Si tu sais méditer, observer et connaître,

Sans jamais devenir sceptique ou destructeur,

Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,

Penser sans n’être qu’un penseur ;

 

Si tu peux être dur sans jamais être en rage,

Si tu peux être brave et jamais imprudent,

Si tu sais être bon, si tu sais être sage,

Sans être moral ni pédant ;

 

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite

Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,

Si tu peux conserver ton courage et ta tête

Quand tous les autres les perdront,

 

Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire

Seront à tout jamais tes esclaves soumis,

Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire

Tu seras un homme, mon fils.

Rudyard Kipling

Source 

Texte issu du poème « If— » de Rudyard Kipling (1910), dans l’adaptation française d’André Maurois extraite des « Silences du colonel Bramble » (1918), domaine public.

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L’ordre des priorités : la leçon du bocal

Avez-vous parfois l’impression de courir après le temps ? Vos journées se terminent sans que vous ayez fait les choses qui vous tenaient vraiment à cœur. Pour changer de perception vis-à-vis du temps qui passe, découvrez la leçon du bocal, un enseignement essentiel que nous allons découvrir à travers une courte histoire. C’est parti !

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L’ordre des priorités : la leçon du bocal

Il était une fois un roi puissant, dont le royaume s’étendait à perte de vue. Malgré ses richesses, le roi se sentait pauvre. Pauvre de temps. Il courait d’une urgence à l’autre, d’un conseil à un banquet, terminant ses journées épuisé, avec le sentiment amer d’avoir négligé l’essentiel.

Désespéré, il fit venir un vieux sage réputé pour sa sérénité inébranlable. 

— Sage, dit le roi, apprends-moi à gouverner mon temps comme je gouverne mes terres. Je suis débordé, et je sens que ma vie m’échappe.

Le vieil homme sourit doucement. Il sortit de sa besace un grand bocal en verre qu’il posa devant son souverain. Ensuite, il prit une douzaine de gros cailloux, de la taille de poings fermés, et les disposa délicatement dans le bocal, jusqu’à ce qu’il soit impossible d’en ajouter d’autre. Il leva les yeux vers le souverain et demanda : 

— Majesté, ce bocal est-il plein ? 

Le roi observa l’assemblage et répondit sans hésiter : 

— Oui, il l’est assurément.

Alors le sage prit un sac de gravillons. Il les versa doucement en secouant légèrement le récipient. Les petits cailloux roulèrent et s’infiltrèrent dans les espaces vides laissés par les grosses pierres. Il posa à nouveau la question : 

— Et maintenant, Sire, le bocal est-il plein ?

Le roi, amusé par l’astuce, répondit : 

— Cette fois, oui, il est parfaitement plein.

Le sage se saisit alors d’un sac de sable fin qu’il fit couler dans le récipient. Les grains s’écoulèrent partout, comblant les moindres interstices. 

— Voyez-vous, dit le sage, on peut toujours trouver un peu de place. Maintenant, on pourrait même y ajouter de l’eau.

Le roi hocha la tête, pensant avoir compris la leçon : 

— On peut toujours en faire plus, dit-il assurément. 

Mais le sage l’arrêta d’un geste et vida soudainement tout le contenu du bocal sur la table. — Attention, Majesté. Vous manquez un élément essentiel. Regardez.

Le sage inversa le processus. Il commença par verser tout le sable dans le bocal. Le fond fut immédiatement tapissé. Ensuite, il ajouta les gravillons, qui prirent un tiers du récipient. Enfin, il tenta de remettre tous les gros cailloux à l’intérieur, mais il y en avait toujours qui dépassaient du goulot. Le roi resta silencieux. 

Le sage expliqua alors d’une voix douce :

— Si l’on fait le parallèle, ce bocal symbolise le temps qui vous est imparti. Les gros cailloux représentent les choses les plus importantes de votre vie : votre famille, votre santé, les sujets prioritaires du royaume. Les gravillons sont les choses secondaires, nécessaires mais moins vitales. Le sable, enfin, représente les choses insignifiantes. Mon point est le suivant : Si vous commencez par remplir votre bocal avec du sable ou des gravillons — en passant votre temps sur des choses insignifiantes ou secondaires, — vous n’aurez pas assez de place pour les gros cailloux. Votre vie sera pleine, certes, mais vide de sens.

— Pour utiliser sagement votre temps, Sire, vous devez placer les gros cailloux en premier. Concentrez-vous sur ce qui compte le plus à vos yeux. Le reste trouvera toujours sa place dans les interstices.

Citations

« Ce qui importe le plus ne doit jamais être à la merci de ce qui importe le moins. » – Johann Wolfgang von Goethe

Source 

Librement adapté de la célèbre métaphore du « Bocal de la vie » (ou « Jar of Life »), popularisée dans les années 90 par Stephen Covey dans Priorité aux Priorités, et souvent utilisée en gestion du temps.

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Les trois questions du roi

Et si toute la sagesse du monde tenait en trois réponses ?
Découvrez ce secret à travers l’histoire d’un roi en quête de vérité. C’est parti !

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https://youtu.be/MKCCO81YsnE

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Les trois questions du roi

Un roi à la tête d’un immense royaume, se posait trois grandes questions :

    1. Comment savoir quel est le meilleur moment pour agir ?
    2. Qui sont les personnes les plus importantes ?
    3. Quelle est la chose la plus essentielle au monde ?

Il promit une grande récompense à quiconque lui apporterait ces réponses. Des gens se pressèrent de tout l’empire pour l’aider. 

À la première question — « Comment connaître le meilleur moment pour traiter chaque chose ? » — il reçut des réponses diverses. « Il faut établir un emploi du temps et le suivre strictement, afin que chaque chose se fasse en son temps », déclaraient certains. « On ne peut jamais décider à l’avance ; il faut rester attentif à ce qui arrive et agir selon l’exigence du moment », répondaient d’autres. 

Les réponses à la deuxième question — « Qui sont les gens les plus importants ? » — furent tout aussi variées. Quelques-uns disaient que les aides du roi au gouvernement étaient les plus nécessaires ; d’autres nommaient les prêtres, d’autres encore les médecins ; les soldats, …

Quant à la dernière question — « Quelle est la chose la plus importante au monde ? » — les avis divergeaient tout autant : la science, l’art militaire, l’adoration de Dieu… chacun avait son idée.

Devant cette diversité, le monarque restait insatisfait et ne récompensa personne.

Il décida alors de partir seul, à la recherche d’un ermite réputé pour sa sagesse. Le vieil homme vivait au fond d’une forêt, ne recevait que des gens simples et refusait tout faste. Le roi s’y rendit, vêtu comme un paysan. Il trouva le vieillard penché sur la terre, une bêche à la main.

— Sage ermite, dit-il, je suis venu pour te poser trois questions.
Mais l’homme continua simplement à creuser. Le roi hésita, puis, voyant la fatigue du sage, prit la bêche et travailla à sa place.

Des heures passèrent. Le soleil déclinait. Le monarque, épuisé, songeait à repartir lorsqu’un homme surgit de la forêt, blessé et couvert de sang.

Sans hésiter, le roi l’aida, nettoya sa plaie, et le transporta jusqu’à la cabane de l’ermite. Il resta au chevet du blessé toute la nuit. Au matin, l’homme ouvrit les yeux et murmura :

— Pardonne-moi… Je voulais te tuer ; tu m’as pris mes terres et j’avais juré vengeance. Je prévoyais de t’attaquer à ton retour. Mais tes soldats m’ont trouvé et m’ont blessé. Sans ton secours, je serais mort.

Le roi, ému, lui pardonna et promit de réparer ses torts.

Avant de partir, il demanda à l’ermite :
— Sage, je t’en prie, donne-moi les réponses à mes trois questions.

Le vieil homme sourit.
— Tu les connais déjà.

 — Je ne comprends pas,  admit le monarque.

Le sage reprit la parole et expliqua :

— Si, hier, tu n’avais pas eu pitié de ma faiblesse et si tu ne m’avais pas aidé, ton ennemi t’aurait attaqué. Le moment le plus opportun était celui où tu remuais la terre. Moi, j’étais alors l’homme le plus important, et la chose la plus importante était de m’aider. Ensuite, quand l’homme blessé est apparu, la meilleure chose à faire était de le soigner ; sans cela il serait mort sans se réconcilier avec toi — l’homme le plus important, à ce moment, c’était lui.

Finalement, le meilleur moment pour traiter chaque chose est l’immédiat. La personne la plus importante est celle avec qui nous partageons l’instant. Et la chose la plus importante est de faire le bien.

Citations

« Ne perds plus de temps à discuter de ce que doit être un homme de bien. Sois-le. » — Marc Aurèle

« La vie n’est disponible que dans le moment présent. » — Thich Nhat Hanh

Source

Inspiré du conte “Trois questions” de Léon Tolstoï (1898), domaine public.
Texte librement adapté et reformulé dans un style contemporain.

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L’autre côté du silence

Et si notre réalité actuelle n’était qu’une antichambre ? Autrement dit, est ce tout ce que nous tenons pour certain n’est-il pas que l’ombre d’un monde bien plus vaste ? A travers cette fable philosophique intitulée, l’autre côté du silence,  plongeons ensemble dans l’intimité d’une conversation qui pourrait bien changer votre regard sur l’invisible. C’est parti !

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https://youtu.be/4tXxrjxV9ag

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L’autre côté du silence 

Dans la pénombre douce et feutrée d’un univers clos, deux jumeaux partageaient le même destin. Ils vivaient là, bercés par le rythme régulier d’un cœur qu’ils n’avaient jamais vu, flottant dans une quiétude absolue.

Un jour, l’un d’eux rompit le calme :

— Dis-moi, crois-tu qu’il existe quelque chose après cet endroit ? Une vie au-delà de ce que nous connaissons ?

L’autre, plus sceptique, soupira :

— C’est absurde. Nous sommes ici, c’est notre monde. Il n’y a rien d’autre que cette chaleur et cette sécurité.

— Pourtant, insista le premier, je sens que nous nous préparons à autre chose. Peut-être un lieu immense, baigné d’une lumière éclatante, où nous n’aurions plus besoin de ce cordon qui nous lie. Peut-être que là-bas, nous marcherons et mangerons par nous-mêmes.

Le second éclata de rire :

— Marcher ? Mais regarde l’espace dont nous disposons ! Manger par la bouche ? Quelle idée ridicule alors que ce cordon nous apporte tout. Personne n’est jamais revenu de « l’après » pour nous raconter. Après, il n’y a rien.

Le premier ne se laissa pas démonter :

— Et si, au-delà de cette paroi, nous rencontrions « Mère » ? C’est elle qui nous accueillerait et prendrait soin de nous.

— Mère ? s’esclaffa le jumeau. Tu crois vraiment en une force que tu ne peux même pas voir ? Si elle existait, elle serait ici, devant nous !

— Elle est partout, murmura le premier. Elle nous entoure, elle nous soutient. C’est par elle que nous respirons et que nous grandissons. Parfois, quand tout devient calme, si tu écoutes avec ton cœur, tu peux percevoir son chant. Tu peux sentir sa présence nous envelopper.

Le sceptique allait répliquer par un argument logique, mais soudain, leur univers se mit à gronder. Les parois, autrefois si protectrices, se resserrèrent avec force. La peur les gagna, puis vint un passage étroit, une pression immense, et enfin… un cri.

Dans un éclat de lumière insoutenable, ils découvrirent l’autre côté du silence.

Citations

« Ce que la chenille appelle la fin du monde, le maître l’appelle un papillon. » — Richard Bach

« La mort est un passage, une porte qui s’ouvre sur une autre lumière. » — Victor Hugo 

Source

Ce récit est une libre adaptation d’une célèbre parabole anonyme, souvent attribuée à l’écrivain Henri Nouwen, illustrant le passage de la vie vers l’inconnu.

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L’espérance de vie

Et si notre vie était le résultat… d’une étrange négociation entre Dieu et les animaux ? Voici une fable amusante qui explique, à sa façon, le pourquoi de notre espérance de vie. C’est parti !

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L’espérance de vie

Au début du monde, raconte-t-on, Dieu créa le chien et lui dit :

— Tu veilleras sur la maison et préviendras quand quelqu’un approche. Pour cela, tu vivras vingt ans.

Le chien protesta :

— Vingt ans à aboyer ? C’est trop long. Donne-moi seulement dix ans, et garde les autres.

Dieu accepta.

Puis il créa le singe :

— Ton rôle sera d’amuser les hommes, leur apporter un peu de joie. Pour cela, je t’offre vingt ans.

Le singe répondit :

— Faire le pitre si longtemps… ce sera épuisant ! Donne-moi dix ans, et reprends le reste.

Dieu acquiesça encore.

Ensuite vint la vache :

— Tu travailleras pour nourrir les familles en donnant du lait et des veaux… Pour cela, tu vivras soixante ans.

La vache secoua la tête :

— Soixante ans de labeur ? C’est trop. Je n’en veux que vingt. Prends les quarante autres.

Dieu accepta une troisième fois.

Enfin, il créa l’Homme :

— Mange, dors, joue, profite. Pour cela, je t’offre vingt ans.

L’Homme protesta aussitôt :

— Seulement vingt ans ? Ce n’est pas assez. Donne-moi plus.

Alors Dieu lui donna les années que les autres avaient abandonnées : les 40 ans de la vache, les 10 ans du singe et les 10 ans du chien.

C’est ainsi, dit la légende, que nous vivons 80 ans.

Les vingt premières, nous jouons.
Les quarante suivantes, nous travaillons dur.
Puis viennent dix années où l’on fait des pitreries pour amuser nos proches.

Et enfin, les dix dernières… où l’on aboie sur tout le monde en restant sur le perron de notre maison.

Citation

« On ne devient pas vieux pour avoir vécu un certain nombre d’années, mais pour avoir déserté son idéal. » — Douglas MacArthur

Source

Fable moderne circulant largement sur Internet, d’auteur inconnu. Le texte présenté ici est une adaptation originale, reformulée pour la clarté et la narration.

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