Le petit tailleur de pierre

Qui n’a jamais voulu être à la place de quelqu’un d’autre ? S’imaginer être président, devenir le propriétaire d’une somptueuse villa ou être sur le podium à la place de tel athlète. Pour relativiser cette quête de la réussite, laissez moi vous compter l’histoire du petit tailleur de pierre. C’est parti ! 

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Le petit tailleur de pierre

Il était une fois un humble tailleur de pierre. Chaque jour, armé de son marteau, il frappait la roche pour extraire le minerai de la montagne. Sa vie était simple, mais son cœur était lourd. Chaque coup résonnait comme une plainte : « Pourquoi ai-je cette vie ? » se demandait-il. 

Un soir, exténué, il se posa sur son lit et une sensation étrange apparut. Sa conscience commença à glisser d’une forme à l’autre dans une danse effrénée.

Soudain, il était attablé autour d’un somptueux festin dans une grande demeure. Autour de lui, des connaissances festoyaient et se pressaient pour lui demander conseil. Il comprit alors qu’il était devenu un éminent notable. Désormais, ses décisions comptaient et il pouvait influencer la politique de son village. Cependant il était contrarié car certains sujets dépendaient de l’empereur qui jouissait d’une plus grande autorité.

Tout à coup, il se retrouva vêtu de soie pourpre. À ses pieds, les foules se prosternaient. Il était maintenant l’Empereur. Avec encore plus de pouvoir, il adressait les sujets prioritaires de l’empire. Mais une problématique le contrariait : une sécheresse sans précédent causait une grande famine. L’or ou ses armées ne pouvaient rien contre la chaleur du soleil. Frustré par cette impuissance, il cria : « Le soleil est plus grand que moi ! »

En un instant, il devint l’astre d’or. Il régnait sur le ciel, asséchant les rivières et brûlant les plaines. Jusqu’au moment où un voile gris vint l’obscurcir. Un simple nuage venait masquer ses rayons. « Les nuages sont plus forts que le soleil ! » s’agaça-t-il.

Métamorphosé en nuage d’orage, il se sentit immense. Il inonda les vallées et fit trembler les villages de ses éclairs. Mais soudain, un souffle invisible commença à le déchirer. Le vent le poussait, le malmenait, le dispersait. « Le vent me commande ! Je veux être le vent ! »

Devenu tempête, il déracina les chênes et souleva les océans. Rien ne semblait pouvoir l’arrêter. Jusqu’à ce qu’il se heurte à une muraille de pierre infranchissable. Il eut beau souffler, hurler, s’acharner… cette masse haute et silencieuse restait immobile. « La montagne est la seule véritable force ! » pensa-t-il.

C’est alors qu’il devint la Montagne. Solide, majestueuse, éternelle. Le soleil, la pluie et le vent n’étaient plus que des caresses sur ses flancs de granit. Il goûta enfin au repos absolu. Mais alors qu’il savourait sa victoire, il perçut un bruit étrange à sa base. Un petit clac… clac… clac… . Un petit tailleur de pierre, armé d’un simple marteau, l’érodait tous les jours.

Citation

« La comparaison est le voleur de la joie. » – Theodore Roosevelt

Source

Inspiré d’un conte populaire traditionnel d’origine orientale (Chine/Japon), intitulé « Le tailleur de pierre ». Texte appartenant au domaine public, ici réécrit pour une approche contemporaine.

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