Pensez-vous que la vie est une montagne russe émotionnelle ? Un mardi matin, une bonne nouvelle vous propulse au sommet. Quelques jours plus tard, un événement vous coupe l’herbe sous le pied et vous précipite dans l’abîme. Une bénédiction, puis une catastrophe, puis un nouveau bienfait … ainsi de suite. Dans cet épisode, découvrons une leçon formidable sur la perception de nos expériences à travers l’histoire intitulée Malchance, chance… qui sait ?!. C’est parti
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Malchance, chance… qui sait ?
Imaginez un petit village niché sur une colline entourée de champs, loin du fracas des grandes villes. Le temps y semble suspendu. C’est là que vit un vieux fermier. Il ne possède pas grand-chose, juste une petite ferme, un fils qu’il aime profondément, et un magnifique cheval qui l’aide aux champs. Ce cheval, c’est sa force de travail, son trésor.
Un matin, le fermier se réveille et découvre l’enclos vide. Le cheval s’est enfui dans les montagnes pendant la nuit.
La nouvelle se répand comme une traînée de poudre. Les voisins accourent, le visage déformé par la pitié.
— « Quel malheur ! » s’écrient-ils. « Ta seule richesse a disparu. C’est une véritable catastrophe, la malchance te poursuit ! »
Le vieux fermier les regarde, hausse doucement les épaules, et dit simplement :
— « Malchance, chance… qui sait ? »
Les voisins repartent, perplexes, pensant que le choc a rendu le vieil homme un peu sénile.
Une semaine passe. Le fermier continue son travail, à la main, sans se plaindre. Et puis, un soir, le cheval est de retour. Mais il n’est pas seul. Il est suivi par une douzaine de chevaux sauvages.
Le village est en ébullition. Les mêmes voisins reviennent en courant, les yeux brillants d’émerveillement.
— « C’est un miracle ! » crient-ils. « Tu es l’homme le plus chanceux du village !”
Le fermier caresse le museau de son vieux cheval, regarde la horde sauvage, et murmure avec le même calme :
— « Chance, malchance… qui sait ? »
Les voisins secouent la tête. Décidément, ce vieil homme ne comprend rien à la vie.
Quelques jours plus tard, le fils du fermier entreprend de dresser l’un des nouveaux chevaux. La bête puissante se cabre violemment et projette le jeune homme au sol. Sa jambe se brise dans un craquement sec.
Les villageois se pressent, leur visage sombre.
— « Quelle horreur ! » se lamentent-ils. « Ces chevaux maudits ont apporté le malheur. Ton fils est estropié, qui va t’aider maintenant ? C’est la pire des malédictions ! »
Le fermier répond encore :
— « Malédiction, bénédiction… qui sait ? »
La colère monte chez les voisins. Cette indifférence leur semble inhumaine.
Un mois plus tard, le son du clairon résonne dans la campagne. Le pays est en guerre. Les recruteurs de l’armée passent de maison en maison, emmenant de force tous les jeunes hommes valides pour les envoyer au front, vers une mort quasi certaine. Le village est rempli de pleurs et de déchirements.
En arrivant chez le fermier, les soldats remarquent le fils allongé. En voyant sa jambe lourdement plâtrée, ils décident de passer leur chemin.
Ce soir-là, le village est silencieux. Il n’y a plus de voisins pour commenter. En observant les étoiles, le fermier se répète intérieurement :
— « Malchance, chance… qui sait ?! »
Sources
Ce récit est une adaptation narrative d’une célèbre parabole taoïste issue de l’ouvrage Huainanzi (Le Maître de Huainan), un recueil philosophique chinois datant du IIe siècle av. J.-C. r
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