Le marchand de fumée et les singes d’or

Avez-vous déjà agit par précipitation par peur de manquer l’opportunité du siècle, un gain facile qui se présente que très rarement ? Cette peur viscérale de manquer le train brouille souvent notre jugement et nous pousse à agir contre toute logique ? Dans cet épisode, intitulé “Le marchand de fumée et les singes d’or”, découvrons une fable moderne sur l’appât du gain. C’est parti ! 

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Le marchand de fumée et les singes d’or

Imaginez un village paisible, niché sur les hauteurs entouré d’une forêt dense. La vie y est simple, rythmée par le soleil et les saisons. Un jour, un homme élégant, au charisme indéniable, arrive en ce lieu. Il s’installe sur la place centrale et fait une annonce surprenante : il souhaite acheter des singes au prix de 10 pièces d’or par tête.

Pour les villageois, c’est une bénédiction car la forêt alentour en regorge et ces animaux sont une nuisance bruyante. Les habitants se ruent dans les bois. La chasse est facile puisque les primates sont partout. Ils reviennent les bras chargés, échangent les bêtes contre l’or promis, puis l’étranger les enferme dans une grande cage.

Quelques jours plus tard, l’homme annonce qu’il a besoin de plus de singes. Du fait que le stock dans la forêt a diminué et que la tâche est plus ardue, il monte le prix : 20 pièces d’or. La fièvre s’empare du village. Les habitants abandonnent les champs et leurs ateliers pour traquer les derniers primates.

La semaine suivante, la forêt est quasiment vide. L’étranger, imperturbable, offre désormais 50 pièces d’or pour un seul singe. Les villageois sont en transe. Ils scrutent les arbres jour et nuit, mais il n’y a plus rien à attraper. La ressource est épuisée et la demande est à son paroxysme.

C’est alors que l’étranger annonce qu’il doit s’absenter quelques jours pour affaires. Il laisse la garde de sa précieuse cage, remplie de singes, à son jeune assistant.

Dès le départ du patron, l’assistant réunit discrètement les villageois. Il leur murmure un plan infaillible : « Regardez ces singes. Mon patron est fou d’en vouloir autant. Je vous propose un marché : je vous les vends cachette pour 35 pièces d’or chacun. Quand le patron reviendra, vous pourrez les lui revendre au prix fort de 50 pièces. C’est de l’argent facile, garanti. »

L’appât du gain est trop fort. Les villageois vident leurs économies. Ils rachètent tous les singes et rentrent chez eux, fiers de leur investissement, attendant le retour du marchand.

Le lendemain matin, la place du village est déserte. L’assistant a disparu. Le patron n’est jamais revenu.

Les villageois se retrouvent seuls, sans économies, avec pour seule richesse des centaines de singes bruyants qui, soudainement, ne valent plus absolument rien.

Sources

Inspiré d’une allégorie économique contemporaine d’origine anonyme — communément intitulée « La fable des singes » ou « Monkey Business » —, illustrant les dynamiques des bulles spéculatives, les mécanismes de fraude financière et la vulnérabilité de la psychologie des foules face à l’appât du gain.

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